C’est parti de rien. D’un morceau préenregistré dans le piano des enfants. Un morceau qui a tout remis en place dans ma tête : la barre, les filles, la prof, le miroir, les cheveux prisonniers dans l’élastique noir. « Et, les pieds en première, les bras en seconde, et un deux un deux un deux… » Et ça tire, puis ça fait du bien, tellement de bien. La musique qui envahit l’esprit, et enfin chaque muscle, chaque millimètre de peau. La musique. Le corps qui devient léger. La voix de la prof qui s’envole loin, et le corps qui suit la musique. L’esprit libre, le corps guidé par lui-même. Le sol froid, les murs râpeux, et ce traitre de miroir. La salle froide, si froide l’hiver. Les essayages de costumes, les centimètres en trop, ou pas assez. Et cette cheville, cette foutue cheville, morte. Deux ans, deux ans sans danser sur scène, où dans cette salle, avec ses filles là, cette prof là. Deux ans. Sans DANSER. Héloïse voulait apprendre quelques trucs, je l’ai fait danser, et quand ma cheville a lâché, je leur ai montré le dernier spectacle, celui de juin 2007, où entre les deux soirs j’ai dormi avec le pied dans un sac de glace, pour tenir, pour le faire, le dernier. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai pleuré.
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